Fallait-il rentabiliser son confinement ?

Pendant le confinement, j’ai vu fleurir sur les réseaux sociaux des injonctions à rentabiliser ce temps mais aussi de nombreux jugements. Un exemple : « si tu n’as pas profité du confinement pour apprendre quelque chose de nouveau, pour cuisiner, etc.,  ce n’est pas que tu manques de temps mais de discipline ». On va pas dire que t’es une grosse feignasse, mais un peu quand même.

Ou encore : « ta maison devrait être le meilleur endroit du monde, si tu ne supportes pas d’y rester deux mois enfermé(e) avec tes enfants et ton/ta partenaire, remets en question tes choix de vie ». Oui bien sûr. Parce qu’il est évident qu’en ayant des enfants ou en te mettant en couple, il fallait que tu anticipes de rester enfermé avec eux 24h/24 pendant deux mois, dans un climat anxiogène. Si t’as pas anticipé ça et que tu le supportes mal, t’es une mauvaise mère ou un mauvais père. Et si t’étais en couple et que tu supportais mal ton/ta chérie pendant cette période, ben quitte-le, quitte-la.

Non. Je ne suis pas d’accord avec ces injonctions ni ces jugements, pour plusieurs raisons.

  1. Ces jolies petites phrases oublient qu’il y a des personnes qui travaillaient, et pour beaucoup, qui ont fait plus d’heures qu’avant.

  2. Elles oublient aussi que certaines personnes vivent dans des conditions insalubres, entassées dans de minuscules logements.

  3. C’était pas des vacances. C’était un confinement forcé fait pour nous sauver la vie et sauver celles des autres. C’était une privation de liberté nécessaire mais subie.

  4. On est en pleine pandémie. Des milliers de morts dans le monde entier, les aéroports qui ferment, les magasins qui ferment, l’économie mise en danger pour sauver des vies… Qui a déjà vu ça ? Celles et ceux qui ont vécu la guerre ? Ça, c’est un bon gros climat anxiogène. De l’anxiété. Du stress. Penser qu’il est possible d’apprendre la physique quantique alors que le niveau d’anxiété est au plus haut, c’est non seulement manquer d’empathie mais en plus de connaissances en neurosciences (on apprend très très mal sous la pression, ça marche pas).

  5. Tout le monde n’est pas fait pour rester chez soi ou pour rester 24h/24 avec ses proches ! Il y a des gens casaniers qui ont apprécié ce moment et des gens plus remuants qui l’ont mal supporté. Il y a des mères et des pères qui apprécient de passer beaucoup de temps avec leur(s) enfant(s) et d’autres qui apprécient d’en passer moins. Est-ce ça signifie qu’ils et elles aiment moins leurs enfants ? Non. On peut aimer quelqu’un et avoir envie/besoin de passer peu de temps avec. Sans même parler de la grande différence entre quantité et qualité ! Il y a des gens plus solitaires que d’autres et qui ont besoin, pour leur équilibre psychique, d’avoir de longs moments seuls. Est-ce que c’est bien ou mal ? Ni l’un ni l’autre, c’est comme ça, point. Certaines personnes ont besoin de manger plus de légumes que d’autres, on les blâme pas pour autant !

  6. Qui a dit qu’il fallait rentabiliser ce temps ? Pour quelle raison ?

De nombreuses personnes ont profité du confinement pour apprendre de nouvelles choses, bricoler, cuisiner, coudre… Et c’est super ! D’autres n’ont rien fait. Coincées par l’anxiété, limitées par leurs moyens financiers ou tout simplement parce qu’elles n’en avaient pas envie. Une question chère à la thérapie d’impact : pourquoi il faut rentabiliser ce confinement ? Pourquoi c’est obligatoire ? Qui l’ordonne ?

 Alors si tu n’as « rien » fait (il faudrait encore définir ce « rien ») pendant le confinement, c’est ok. T’aurais voulu faire des choses et tu n’as pas réussi ? Plutôt que de te blâmer, cherche à comprendre pourquoi : trop d’anxiété, manque d’envie, de motivation (sachant que ça peut venir d’un trop-plein d’anxiété !) ? Peut-être que tu n’auras pas de réponse.

Si tu as mal supporté d’être avec tes proches, il est bon de se poser des questions, mais il est bien meilleur d’avoir la réponse juste ! Peut-être que ce confinement est le révélateur que ton couple, ta vie de famille ne te convient pas, qu’il y a des changements à faire. Ou peut-être que c’est seulement que supporter leur présence continuelle pendant des jours et des jours sans échappatoire c’était trop pour toi ! Que tu as besoin d’un peu plus de solitude. Cette réponse-là ne remet pas en cause tes choix et ta vie de famille. Même si t’en pouvais plus. Même si t’avais vraiment très envie de les abandonner. A toi de voir quelle est la réponse pour toi !

Pour résumer : tu n’as pas appris quelque chose de nouveau pendant le confinement ? C’est ok. T’avais le droit. Tu as mal supporté de vivre 24h/24 avec tes enfants, ton mari, ta femme, tes parents ? C’est ok. T’as le droit de les aimer et de pas les supporter aussi longtemps.

Et si on arrêtait de se juger et de juger les autres ?  😉

5 ans !

Cette année marque les 5 ans de mon cabinet !

Pendant ces 5 années, ma pratique a évolué. J’ai commencé par la psychanalyse, étant moi-même en analyse.

J’ai rapidement donné plus de place à l’hypnose. Dans la psychanalyse, il n’y a pas de recherche de solution, seulement l’introspection. J’en ai gardé les fondamentaux, mais je n’ai plus aujourd’hui la posture analytique.

L’hypnose, ça a été une belle découverte : accéder à l’inconscient, permettre de véritables changements, faire des voyages métaphoriques, accompagner la personne à trouver ses propres solutions… L’hypnothérapeute est actif.

J’ai découvert la thérapie d’impact par hasard. J’ai commencé à m’en servir, à petites doses. Puis j’ai fait d’autres formations, notamment ennéagramme, Relationship Enhancement (Communication empathique). J’ai donné des conférences, sur l’hypnose et plus largement sur le développement personnel. J’ai ensuite été appelée pour donner une formation en gestion des émotions auprès de salariées, puis une autre et encore une autre ! C’est devenu une partie de mon activité.

J’ai redécouvert la thérapie d’impact. Sa puissance, sa capacité à faire émerger des solutions, à rendre le consultant acteur de son évolution. J’ai eu la chance de pouvoir me former en présentiel auprès de Danie Beaulieu.

Aujourd’hui, je privilégie une pratique intégrative : thérapie par la parole, hypnose, thérapie d’impact, en fonction des besoins et de la personne. Mon objectif est de redonner du pouvoir aux personnes qui viennent me consulter. Qu’elles puissent développer tous leurs potentiels.

Pour que vous soyez Acteur de votre évolution, et plus seulement le conteur de votre histoire…

Kintsugi – L’art de sublimer les failles

J’avais décidé de prendre ce bureau pour mon nouveau cabinet, mais la plaque de marbre s’est cassée. Je ne savais pas quoi faire jusqu’à ce que je me souvienne de cet art japonais, le kintsugi, qui consiste à réparer les poteries cassées avec de l’or. J’ai donc repeint la plaque de marbre et au lieu de cacher à tout prix sa brisure, je l’ai sublimée, la rendant plus visible et plus belle.
Quoi de mieux dans un cabinet de thérapeute qu’un meuble qui rappelle que nos blessures peuvent devenir des forces?

Se libérer de son histoire

 

Se libérer de son histoire

Est-ce que me libérer de mon histoire signifie faire une croix sur le passé ?

Il faut vivre dans le présent. Le passé, ça sert à rien de le regarder.

Oui. Mais non. Se libérer de son histoire, c’est arrêter de s’accrocher à son passé, arrêter de le fuir. C’est le regarder en face, tel qu’il est, avec tout ce qu’il est, rien de plus, rien de moins.

Me libérer de mon passé, c’est accepter que mon père, ma mère, mon entourage ont fait des erreurs. Des erreurs terribles, des erreurs modestes. Sans jugement, ne lâchant la peur, la colère, les illusions. J’accepte leur imperfection. Que les choses aient été telles qu’elles ont été, en sachant que je n’ai du pouvoir que sur le présent.

Il y a de petites erreurs qui engendrent de grandes souffrances. Il s’agit alors d’observer ces conséquences sans en juger l’auteur ni soi-même. Accepter qu’on mot, qu’un geste puisse être le déclencheur d’un mal-être. Vais-je continuer à croire qu’ils ont été parfaits ou vais-je accepter qu’ils sont des êtres humains comme les autres ?

Il y a des erreurs atroces et des actes abominables, de ceux que l’on ne parvient pas à pardonner. S’en libérer, c’est accepter que l’auteur de ces actes a fait ce qu’il fait. Qu’il en est responsable. Oui, sa souffrance l’a guidé. Rien ne nous oblige à suivre le guide. Notre histoire explique nos actes, elle ne les justifie pas. Que ce ne soit jamais une excuse car alors je continuerais à être lié(e) à mon passé. Accepter l’indicible et justement le dire, c’est lâcher la souffrance. Pour soi. C’est reprendre du pouvoir sur sa vie et cesser de le laisser aux autres.

Pour accepter, il est nécessaire de lâcher le jugement. Celui sur l’autre et celui sur soi. Cessons de voir notre passé avec nos yeux d’adulte et voyons le au travers de nos yeux d’enfant : un enfant n’a-t-il pas le droit de n’être qu’un enfant, avec ses fragilités, sa dépendance à l’autre ? Celui ou celle que j’ai été il y a un an, deux ans, trois ans n’avait pas le recul que j’ai aujourd’hui. Si j’avais su… mais je ne savais pas.

Ce qu’ils ont fait, cela appartient au passé. Ce que je fais est mon présent.

Mon passé me définit uniquement si je le laisse faire. Est-ce que je vais garder les étiquettes que l’on m’a collé en cirant que c’est injuste ? Ou est-ce que je vais les retirer, en acceptant toute cette injustice et ma colère en sachant qu’ils ne pouvaient pas faire autrement à ce moment-là ?

Se libérer de son histoire, c’est poser un regard juste sur le passé. Nous sommes ce que nous sommes parce que nous avons affronté ces épreuves. A nous d’en faire des tremplins ou des plongeoirs.

Empathie ou Compassion ?

Dans le langage courant, ces deux termes sont souvent mélangés, assimilés l’un à l’autre, perçus de manière indistincte. Empathie et compassion désignent deux phénomènes différents.

Dans la compassion, vous perdez les limites entre vous et l’autre, vous absorbez sa souffrance et la portez. Ce peut être utile temporairement pour l’autre, mais rapidement, vous vous rendrez compte que ça ne l’aide pas réellement. Voire, il peut y avoir un enlisement lié à la compassion que vous éprouvez pour lui, qui ne peut s’en démêler.

L’empathie permet de changer de point de vue, de se mettre à la place de l’autre, sans se perdre soi-même. C’est une ouverture : autant à la souffrance de l’autre qu’à ses opinions. Elle se joue dans les deux sens, alors que la compassion demande que l’un se ferme pour ne s’occuper que de l’autre.

Elle permet également d’apprendre sur soi-même : en acceptant d’entendre le point de vue de l’autre, nous pouvons nous remettre en question et voir ce que nous n’avons pas vu sur nous-mêmes.

L’empathie entraîne l’action : pour réparer la situation, faire bouger les choses. La compassion entrave l’action car elle exige un maintien de l’autre dans sa situation actuelle.

(à noter que certains auteurs, tel que Mathieu Ricard, inversent la définition des deux mots : l’important n’est pas le mot en lui-même mais la distinction entre les deux termes.

Alors que faire lorsque l’on est englué dans la compassion, au point de ne pas oser dire non, de souffrir en permanence en écoutant les autres?

L’hypnose est un précieux outil pour poser les limites entre soi et les autres. Elle permet d’intégrer la différence entre empathie et compassion à un niveau plus profond, pas simplement intellectuel. Elle vous permettra de vous ouvrir à l’autre sans vous perdre. Elle vous apprendra à tendre la main et à arrêter de sauter dans le trou.